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17 octobre 2018, Asymétrie radicale : un éloge du désir

Dans le cadre du colloque Nouvelles utopies dans l’art, colloque organisé par Anna Szyjkowska, les 16 et 17 octobre 2018 au Centre Scientifique de l’Académie Polonaise des Sciences

Pour cette intervention, j’exposerai la dimension utopique de mon travail de recherche et création. En particulier, la présentation se concentrera sur la performance/exposition Asymétrie radicale (février 2015, Galerie de la Voûte, Paris). Dans ce travail, inspiré de la phénoménologie d’Emmanuel Levinas, la galerie d’art devenait le quartier général d’un groupuscule d’activisme métaphysique, groupuscule engagé dans la promotion d’un “solipsisme altruiste”. En mobilisant les codes et les modalités d’action du militantisme (logos et slogans, distribution de tracts, collage d’affiches, discours engagés, supports pédagogiques, etc.) l’enjeu était de faire trembler les bases trop certaines et trop “naturelles” de notre cité – celles d’un “nous” intersubjectif et politique, oublieux de son substrat expérientiel – en faveur d’une célébration vivante et incarnée de l’irréductible signifiance du contact entre moi et l’autre. Après le traumatisme de l’épochè, retrouver l’autre et l’aimer – malgré tout – dans un champ de ruines : voilà l’urgence ! Le collectif Asymétrie radicale – collectif de solipsistes habitant le non-lieu de ce monde qu’aura anéanti la réduction – entend faire descendre dans la rue la radicalité du frisson levinassien (souvent enfermée dans les livres et les colloques de spécialistes) et promouvoir une anarchie indiscernablement individualiste et relationnelle – l’anarchie du désir. Pré-politique (mais nécessaire à toute pensée politique), elle conteste le primat des structures ontologiques qui l’enserrent. Cette utopie n’est pas le rêve d’une nouvelle structure, meilleure que l’ancienne, mais un éloge au vertige de l’altérité. Elle ne saurait dire encore le comment d’une société meilleure, mais – comme un incontournable préalable – elle scande le pour-l’autre qui en sera la matière et la valeur.

11 octobre 2018, Forme, fonction et altérité : quelques réflexions sur le vivant, au point de rencontre entre la phénoménologie d’Emmanuel Levinas et la biologie théorique d’Umberto Maturana

Dans le cadre de Biomorphisme et création artistique Séminaire/workshop organisé dans le cadre du projet Biomorphisme. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant. Organisation : Jean Arnaud, PR arts plastiques au LESA-AMU ; Julien Bernard, MCF philosophe des sciences au Centre GG Granger-AMU ; Sylvie Pic, artiste

Nous réunirons quelques éléments de réflexion – hypothèses, gestes – autour de la question de l’articulation entre forme et vie en nous appuyant sur les investigations d’un projet de recherche naissant, intitulé "Autopoïèse et altérité". Construit en collaboration avec des chercheurs chiliens de l’Instituto de Filosofia y Ciencias de la Complejidad (Santiago de Chile), ce projet vise à construire un dialogue philosophique entre, d’une part, la phénoménologie du visage, de l’éthique et de l’altérité, développée en France, dans les années 1960-70, par le philosophe Emmanuel Levinas, et, d’autre part, les acquis des recherches du biologiste chilien Umberto Maturana, également produits dans la seconde moitié du XXe siècle, au sujet de l’organisation autopoïétique de l’être vivant et de son développement dans le langage pour l’espèce humaine.
Pour autant qu’elles puissent sembler lointaines et hétérogènes, par leurs ancrages notamment – celui de la phénoménologie pour l’une, celui de la biologie et de la cybernétique pour l’autre – ces deux traditions de pensée pourraient trouver un point de rencontre lorsque l’on cherche à appréhender la dimension fonctionnelle du contact éthique, où comment la relation à l’autre, son enjeu de désir et de responsabilité, s’incarne dans le fonctionnement de corps biologiques, augmentés – dans le cas des humains – de technologie, de culture et de langage.
C’est à partir de ce positionnement que nous voudrons considérer la question de la forme. Est-ce que la forme résulte seulement de l’assemblage du système fonctionnel par lequel le couplage entre l’être vivant et son milieu se réalise ? Est-ce que plutôt la forme fait elle même partie du couplage fonctionnel entre l’organisme et son extériorité ? Ou encore, est-ce que la forme se déploie dans un régime d’indépendance vis-à vis du fonctionnel ? Sans chercher de réponses définitives, il s’agira de proposer un éclairage original à partir de notre démarche de recherche-création.

24 janvier 2013, Concrétudes contemporaines du toucher-l’autre (in english)

Phiteco seminar "From perceptual interaction to extended cognition", Université de Technologie de Compiègne.